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  • Mes passions sont la culture japonaise (arts, musique, cinéma, littérature, gastronomie, etc.), et l'Uechi-ryu que j'ai la chance et le plaisir de pratiquer. A travers ce site, je souhaite vous les faire partager.

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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /2008 20:50
Première partie de l'article: Eléments de Fajing en Uechi-Ryû part 1
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Shomen Geri

Ayant établit que c'est une recherche historiquement raisonnable et valide que d'explorer les éléments de fajing en Uechi-ryû karate, et en ayant brièvement revu les caractéristiques remarquables du concept, nous allons maintenant tourner notre attention dans une analyse plus profonde de deux mouvements spécifiques d'une séries de hojo undo. Les deux mouvements choisis sont: shomen geri (coup de pied de face rapide, avec les orteils) et uke, shuto, ura, shoken tsuki (blocage circulaire, main en pique, coup de poing de revers, frappe avec une articulation d'un doigt) qui sont des représentants des techniques de frappe avec les pieds (geri waza) et de techniques de frappe avec les poings (tsuki waza) dans le style uechi-ryû. Chacune de ces techniques est prise directement des katas d'Uechi-Ryû, conformément à la théorie de l'Uechi-Ryû en regard des structures et fonctions, et possède l'emprunte unique du karate Uechi-Ryû, ce qui signifie qu'un observateur qui verra ces mouvements n'aura aucun doute sur le fait qu'il voit une démonstration d'Uechi-ryû.

Le coup de pied de face fouetté utilise le sokusen (coup de pied avec les orteils ou dent de tigre). C'est le coup de pied qui vient originellement de l'art chinois enseigné par maître Uechi Kanbun. Ce coup de pied, en révèle beaucoup sur la théorie de la méthode de combat en Uechi-ryû: l'Uechi-ryû est un système qui cible les zones de frappe anatomiquement vulnérables (la dent du tigre pénètre les cavités); C'est un système qui demande un renforcement du corps de ses pratiquants (l'orteil est inefficace s'il n'est pas renforcé); le système est basé sur l'utilisation de l'énergie de l'adversaire pour le saisir, l'absorber ou le repousser et enchaîner sur lui des frappes (avec finalité en clefs, projections ou étranglements) (le coup de pied est précédé par des mouvements de déflections ou des saisies); et le système est à l'origine un système de combat avec les mains, dans lequel des coups de pieds bas et moyens sont utilisés pour soutenir les techniques de mains (Uechi-ryû comme les autres styles de nan-quan n'utilisent que très rarement les coups de pied au-dessus de la taille dans des applications non-sportives).


Le coup de pied de face fouetté permet (et encourage) le développement de l'énergie du dragon (enroulement). L'influence du dragon en Uechi-ryû intervient de différentes manières, entre autre: - mouvement distinct, comme descendre dans une position sanchin basse juste avant le saut dans le kata seisan - emploi de l'esprit de force fugace, souple et continu du dragon - ou une fluidité qui permet au pratiquant d'Uechi-ryû de passer de l'énergie du tigre (yang) à l'énergie de la grue (yin), Alan Dollar se réfère à la qualité d'élasticité du muchi tengwa, une confiserie okinawaienne collante comme un caramel qui peut être déformé pour finalement revenir dans sa forme première. Les mouvements du dragon sont illustrés dans shomen geri et peuvent être trouvés dans tous les huit kata d'Uechi-ryû.

La séquence du shomen geri est le prototype de tous les mouvements blocage/déflection et frappe de face. Le fait d'être en face se réfère au pratiquant et non à l'adversaire, dans le sens où l'on a l'adversaire en face de soi, qu'il soit directement en face de nous ou pas (suite à un tai sabaki). En fait, idéalement, il ne devrait pas nous faire face directement, ce qui permet ainsi d'annuler un bon nombre de ses attaques. Shomen geri renforce l'idée qu'il est intéressant de tirer l'adversaire en le frappant du même côté.


Exécution de Shomen geri

A. préparation - Sanchin dachi kamae gauche (pied gauche en avant et position sanchin)

le kamae du tigre peut et doit être exploré comme une posture de qigong stationnaire. Il est utilisé de façon similaire à San Ti (posture de nei gong stationnaire) de Xing Yi Quan et semble être particulièrement efficace pour mobiliser de l'énergie yang. Dans cette posture le mouvement est interne une des conséquence de la respiration inversée ou respiration taoiste pour laquelle le dan tien (incluant la circonférence de la partie basse de la ceinture abdominale est rentrée sur l'inspiration et sortie sur l'expiration. La langue touche le haut de la bouche pendant l'inspiration/l'expiration par le nez. Le muscle pubo-coccygien (localisé dans la région du périné entre les parties génitales et l'anus) est légèrement contracté durant l'inspiration et relaché durant l'expiration. Aux premières étape de la pratique, on peut simplement prendre la position pour des temps de durées croissantes et devenir conscient de son enracinement, son centre et son unité ainsi que toutes les autres choses. A tous les niveaux de la pratique les organes internes sont massés par le modèle de respiration rythmée. [Tim Cartmell et Dan Miller du Xing Yi Nei Gong apportent un peu plus de données à ceux qui pourraient vouloir approfondir cette pratique très importante]


B. ichi - blocage, shotei nagashiuke droit et hirate mawashiuke gauche (blocage intérieur avec le talon de la paume droite et blocage circulaire main ouverte gauche)

Souvenez vous que tous les mouvement en kung-fu/karate peuvent représenter des blocages, des frappes, des qinna (ou chin na, luxations), ou shuai jiao (de la lutte). Conformément avec les autres traditions du nan-quan, les plus hauts niveaux en Uechi-ryû ne distinguent plus les mouvements en deux catégories d'applications offensives et défensives. Les mouvements des kata représentent simplements des paradigmes de vecteurs d'énergie qui peuvent être appliqués pertinament de façon illimitées.

La main droite effectue un blocage intérieur avec le talon de la paume pour initier une déflection suivit d'une saisie. La main gauche effectue un blocage circulaire permettant de dévier et saisir. Ces mouvements de mains (commun à de nombreux mouvements déflecteurs en kung fu du style de la grue qui se nourrit) sont simplifiés en un modèle pour des circonstances de combat idéales qui suppose que l'adversaire n'est pas conscient de ce que nos intentions et n'est pas capable de répondre d'une manière appropriée et dans le temps. Les ashi sabaki (déplacements de pieds) peuvent soutenir les mains en permettant de faire des tai sabaki (déplacement du corps) nécessaires pour changer la direction de notre axe centrale par rapport à celui de l'adversaire (afin de ne pas rester en face de lui). Shomen geri étant une technique linéaire il n'est donc pas nécessaire d'exécuter une rotation de la taille importante pour tourner le corps ou générer de la force. Malgrè tout, il est rare qu'en combat les circonstances soient théoriquement parfaites.
En réalité, on va rarement être dans un repère frontal direct par rapport à l'adversaire et quelques degrés de rotation des hanches seront appropriés et acceptables.

Il est important de souligner à nouveau que les techniques éxécutées dans un hojo undo sont définies comme un modèle simplifié d'activité de combat qui encourage le pratiquant à apprendre les bases du système en enregistrant des techniques des self défense efficaces et en développant l'esprit combatif et le fajing sur chaque mouvement. Les mouvements eux-mêmes sont une prise de vue instantanée dans le déroulement du combat, et de ce fait ne font pas référence de comment le pratiquants en est arrivé à être dans tel ou tel position par rapport à son adversaire. Ni même ce qui s'est passé avant la séquence. Ce qui reviendrait à expliquer les séquences avec des photos des techniques. Il n'y a rien qui explique ce qui peut se passer entre deux photos. Par conséquent, ce qui peut être une lacune dans le curriculum pour le débutant (l'absence d'entrée et de suite entre les composants) peut être vu comme un avantage par le pratiquant plus avancé -- la force amplifiée de chaque mouvement peut être appliquée à un nombre infini de scénarii de combat.

C. Ni: coup de pied fouetté de face.

Le mouvement du coup de pied de face commence dans la terre, se poursuit à travers le membre infèrieur qui ne frappe pas, se transmet au bassin puis à la colonne vertébrale. En grande partie comme cela est enseigné dans le kata sanchin, la force est ramenée du ciel, et prise de la terre et projetée vers l'adversaire. La force est aussi empruntée à l'adversaire en le tirant par l'extrémité saisies qui a été attrapée par la main gauche (dans ce hojo undo).

Si on considère les muscles sollicités dans ce coup de pied, on devrait voir que la musculature sollicité ne devrait pas être celle de la cuisse, mais plutôt comme le souligne un enseignant et pratiquant d'Uechi Ryû James Thompson, les muscles psoas; Le plus grand d'entre eux (psoas majeur) est attachés aux vertèbres lombaires et s'insère sur le fémur, Et le plus petit d'entre eux (psoas mineur) est attaché aux vertèbres lombaires et s'insère dans le bord du bassin.

L'objectif d'éxécuter shomen geri, comme dans toute frappe est de délivrer un projectile (dans ce cas, le sokusen) avec un timing appropriés et autant de vitesse concentrée que possible à une cible donnée. La force impliquée est un équilibre délicat entre contraction et relachement de la musculature appropriée. Idéalement, on voudrait avoir un timing parfait de la sollicitation musculaire des muscules agoniste exécutant la technique et une sollicitation minimale (contraction) des muscles antagonistes du mouvement. Un exemple simple pourrait être la mécanique du haut du corps impliquée dans l'éxécution d'un coup de poing pour lequel les muscles de l'épaule, de la poitrine et du bras devraient être engagés de façon maximum au moment approprié, c'est à dire que les muscles de tirage du bras et du dos devraient être décontracté jusqu'au moment où il doivent donner de la stabilité, de la force et du dur au moment de l'impact.

Une image qui peut être utile en s'entrainant à donner des coups de pieds et poings puissant est de voir sa main ou son pied comme le projectile d'une corde chinoise lestée. Une analogie similaire a été utilisée par Monsieur Miyagi dans Karate Kid 2, lorsqu'il présente mystérieusement le secret du style de karate Miyagi à Daniel-san en faisant osciller un den den daiko (jouet pour enfant, tampour portatif muni de deux cordes attachées sur les côté au bout desquelles se trouve une petite boule en bois; en tournant le tambour de droite et de gauche les boules vont tendre les cordes et vont aller frapper la peau du tambour, provoquant une percussion rythmée par la fréquence d'oscillation du tambour). De cette manière, le bras et la jambe sont de simples cordes souples bougeant presque comme un fouet pour délivrer la velocité maximale au projectile (que sont les mains et pieds). Le Bubishi établit que "les techniques de mains nécessitent l'utilisation du corps. Le corps génère de la force et les mains servent d'instruments de contact. Comme un chat attrapant un rat, un tigre tue un sanglier avec tout son corps; Les griffes servent de moyen de contact." Le meilleur entrainement pour le développement de ce type de jing est d'éteindre des bougies avec des coups de pieds ou de poings. Si l'intention n'est pas combinée avec un mouvement rapide correctement structuré, la bougie ne s'éteindra pas.

Certains professeurs d'Uechi-ryû apprennent la coordination de la déflection/saisie et coup de pied en portant l'accent sur la saisie en tirant un coup sec brusque de la main saisie pour choquer. Cette application peut être vue dans les vieux films de Sensei Uechi Kanei entrain de faire les exercices de base et les kata du style. Effectuer le mouvement de cette manière amène de la puissance dans la saisie et le tirage, qui peut provoquer éventuellement un effet de coup du lapin et peut mettre un adversaire KO. Le fait de travailler le geste de saisie en plus a l'avantage de conditionner le pratiquant à frapper à partir d'une saisie. Même si la saisie n'est que partiellement réussi, l'adversaire sera touché malgré tout.

Nous avons vu précédemment que tirer un adversaire en même temps que la frappe du même côté de la saisie était acceptable. On peut alors saisir/tirer et frapper avec le pied, le genou ou balayer; saisir/tirer et choquer d'un coup sec (comme décrit ci-dessus); ou crocheter avec la jambe/tirer et frapper, donner un coup de coude ou un coup de tête.

Le coup de pied frontal fouetté est employé de la même façon que le jab de boxe, il crée de la distance quand on en a besoin, assure le respect de l'adversaire, et lorsqu'il est employé proprement peut créer des situation de KO. Maitre Ryûko Tomoyose a décrit le coup de pied d'Uechi-Ryû comme un coup de pied qui fait s'effondrer l'adversaire là où il se tient. Il n'y a pas de poussée utilisée dans ce coup de pied et par conséquent du choix d'arme (le sokusen) il est désigné à être utilisé dans les parties anatomiquement vulnérable du corps humain. Le coup de pied avec les orteils a une pénétration impressionnante comme a pu le montrer Robert Campbell en tameshiwara sur 6 planches de pin de 2.54 cm. Lorsqu'il a été demandé où cibler le sokosen, un pratiquant vieux maitre okinawaien a répondu "Où que je frappe - ça casse".

D. San: Répéter les mouvements ichi de l'autre côté.

Comme le pas sanchin (mouvement semi-circulaire ou en "C") est effectué pour avancer dans le mouvement suivant du hojo undo, le pratiquant effectue efficacement un autre coup de pied, un balayage de jambe, permettant de dégager les obstacles qui se trouveraient devant (comme le pied de l'adversaire par exemple), ou alors pour changer la de position par rapport à la ligne centrale de l'adversaire. Ce qui permet au pratiquant d'avoir en sa possession un formidable panel d'armes à utiliser contre l'adversaire tout en restreignant les options possible de celui-ci.

E. Chi: Repéter le mouvement Ni de l'autre côté.



Uke, Shuto, Ura, Chudan Tsuki - Le Tigre, le Dragon, et la grue

Ce mouvement complexe de blocage/attaque est uniquement de l'Uechi-ryû en apparence du début du blocage en cercle à la fin de la séquence lorsque le coup final (shoken tsuki) est retourné en position sanchin kamae. Comme c'est le cas pour d'autres séquences de hojo undo, uke/shuto est pris d'un kata et révèle beaucoup de choses pour un oeil averti.

Cette séquence, comme de nombreuses séquences qui peuvent être trouvé dans le curriculum est caractéristique des trois animaux dont s'inspire le style: le tigre, le dragon et la grue. La déflection avec le talon de la paume et le blocage circulaire caractérique de l'Uechi-ryû suggère la grue, un animal relativement fragile qui possède des caractéristiques de survie d'agilité, un timing adroit, une bonne angulation et la capacité de frapper un point de la taille d'une tête d'épingle avec précision.

La séquence suivant des 3 coups de poings utilisant le tranchant de la main, le dos de la main et une articulation d'un doigt sont donné avec une sorte de férocité du tigre, leur seul unique impulsion est d'être la destruction dévastatrice la plus totale de l'adversaire.

L'esprit du dragon peut-être trouvé à la fois dans l'implacabilité avec laquelle les coups s'enchainent les uns les autres fluidement, et à la fois dans la transformation subtile principale de l'énergie du haut du corps utilisée pour ajouter de la puissance dans les frappes. Le dragon est connu pourpersonifier l'adage de l'ancien kung-fu "flotte et coule, avale et crache". Il est nécessaire de couler le corps et d'utiliser la force enroulée de "avaler-cracher" lorsque l'on délivre des techniques qui sont propulsées par la ligne du coude comme les coups de poing de revers (comem les uraken) et les coups de poings direct en succession rapides précédent une technique délivrée par une rotation comme shuto. Si le mécanismes s'insiprant du dragon n'est pas employé, la séquence entière manquerait de vitalité et aurait la qualité de ce que les boxeurs appellent "arm-punch" un coup de poing faible donné avec la seule force du bras. Sans cette transformation d'énergie chaque technique successive diminuerait en intensité, le shoken final deviendrait une caresse et pas une frappe destructive!

Les coups dans cette séquence sont uniques dans le sens où ils sont au nombre de trois. Le nombre 3 en cosmologie chinoise est riche en signification, spécialement lorsqu'il s'adresse aux arts martiaux. L'alchimie interne taoiste est fondé sur la réunion et l'affinage des trois trésors, jing - l'énergie générative; qi - l'énergie vitale; et shen - l'énergie spirituelle. Ces énergies sont stockées dans les trois "dan tien" (champs d'élixir); qui sont controllés par trois portes (Wei Lu, Mingmen et Yu Gen). Sanchin (les trois conflits ou batailles), sur lequel l'Uechi-Ryû et de nombreux arts de combat civil du Fujian sont basés, est enseigné pour représenter trois niveaux de signification habituellement interprétés par corps, esprit matériel et esprit immatériel.


Fonctionnellement, les trois frappes (shuto, uraken et shoken) peuvent guider le débutant à frapper le même point du corps de l'aversaire trois fois ou il peut représenter une série de frappe sur divers points anatomiquement vulnérables. Il n'y a rien dans le curriculum du karate traditionnel qui arrive par hasard ou qui a été mis par hasard. Il est par conséquent significatif que les trois coup son donnés dans un ordre ascendant de concentration énergétique, c'est à dire du tranchant de la main jusqu'au coup de poing avec l'articulation d'un doigt la surface de frappe devient de plus en plus petite. En définitive, les trois frappes peuvent être pensées comme compromettant ce que les pratiquants de Mante du sud se réfèrent à de la "force vive", la capacités des frappes de mains à être continue et fluide sans casser le contact. En kung-fu wing-chun la pyramide de défense et attaque utilisé en combat est dite posséder la qualité de multidirectionnalité, qui est, le mouvement qui traverse non pas deux mais habituellement trois directions à la fois. Cette qualité lorsqu'elle est combinée avec juen ging (énergie tourbillonnante) - l'application d'énergie circulaire sur des mouvements linéaires - résulte en un mouvement de techniques qui ressemble à un drill, c'est à dire, que la rencontre d'un obstacle se traduit par une pénétration ou une déflection mais en aucun cas une cessation du mouvement. C'est la puissance formidable de la spirale. Ici aussi, le shuto, uraken et shoken peuvent être pensés comme un succession d'attaques telle un mitraillette qui ne se replient pas ni ne cessent les pénétrations continues lorsque
controntées à des obstacles.

A. Préparation: Sanchin dachi gauche

B. Ichi: blocage en shotei nagashi uke droit et hirate mawashi uke gauche

(blocage intérieur avec le talon de la paume et blocage circulaire main ouverte). Le texte décrivant la partie "ichi" dans la section "shomen geri" est applicable ici.


C. Ni: Après avoir fait le blocage claquant de la paume de la main droite, la main droite retourne en position de garde au centre de la poitrine au niveau du coude. Les professeurs varient dans leur interprétation du mouvement suivant --initiation du shuto uchi. Certains enseignants tendent à placer la main droit en hikite avant de la lever au niveau des yeux pour commencer la frappe du tranchant de la main alors que d'autres recommandent un placement immédiat de la main droite au niveau des yeux et prêt à frapper. La dernière interprétation est préférée par de nombreux hauts gradés pour deux raisons: cela élimine un temps intermédiaire supplémentaire nécessaire à l'armement de la main en hikite avant de lever la main (ce qui aussi peut encourager à surpasser la mise en garde - car une main non occupée à dévier, bloquer, saisir, ou frapper doit toujours être remise en position de garde), et tandis que la première proposition s'éxécute avec la force du coude, la dernière utilise un mouvement de rotation subtile de la taille ajouté à une onde générée par la colonne vertébrale de laquelle part la frappe du shuto, ce qui a pour résultat l'execution du shuto avec une plus grande force.

Le flux d'énergie dans la phrase "ni" du mouvement est similaire à celui décrit dans shomen geri. La force est augmenté par des ondulations de la taille. Plus de force est emprunté à l'adversaire en tirant l'extrémité saisie qui a été attrapée par la main gauche après le blocage circulaire. L'énergie de la terre remontant le squelette est amplifiée par l'accompagnement articulaire et transferré au mains gauche et droite alors qu'elle s'engage dans un mouvement yin (centripète - gauche) et yang (centrifuge - droite). La main droite armée au niveau de l'oeil est lancée violemment contre l'adversaire et en cercle par la droite.

D. San: la main droite qui a donné le shuto au "ni", revient légèrement à hauteur du coude pour immédiatement frapper encore en utilisant uraken (poing en revers). On peut imaginer que la rétractation à ce niveau peut servir de raison à un drill. La présence ou l'absence de retrait dans un vrai combat sera dicté par les exigences du combat. Que le shuto ait été partiellement bloqué ou que l'adversaire ait lancé un coup de poing qui obstrue le shuto, la seconde vague d'énergie utilisé dans son déploiement peut continuer avec pour seul changement celui de la conversion de la trajectoire interieure ou exterieuree du shuto en trajectoire intérieure de l'uraken.

Similairement, l'énergie utilisée pour générer le coup de poing en revers peut être une simple force venant de la ligne du coude utilisant les muscles de poussée (triceps, deltoïdes antérieurs et pectoraux) stabilisés par les muscles du dos ou; si le temps, l'opportunité et les circonstances le permet, une expression plus sophistiquée de fajing peut être employée en utilisant une troisième vague d'énergie des hanches, de la colonne vertébrale et du la poitrine pour rétracter et frapper. Les extrémités infèrieures devraient soutenir cette seconde frappe si possible en déplaçant le poids du corps contre l'adversaire sous la forme d'un sursaut ou d'un pas chassé.


E. Chi: La main droite qui vient d'éxécuter uraken au niveau de "san", se replie complètement dans la position hikité avant de frapper encore en shoken (frappe avec une articulation d'un doigt). Encore une fois, si le retrait est nécessaire pour l'intégrité du drill, il n'est pas nécessaire en combat.

Le retrait peut aisément représenter l'opportunité de rattraper un coup qui arrive, le dévier et le contrôler pendant que la main gauche libérée de son travail de piégeage peut relancer n'importe quel nombre de frappes. La main gauche reprend alors son travail de piégeage pendant que la main droite frappe avec le shoken prévu. Si on considère le postulat des arguments de "force vive" ou de flot d'énergie pour cette séquence d'hojo undo, on peut se poser la question "quelle justification autre que l'entrainement du fajing peut-il y avoir à faire trois frappes de la même main?". Des frappes nécessitant un retrait de la main occupent un temps d'action durant lequel l'adversaire peut être pris dans une autre technique ou même, peut vous frapper!

Suivant le coup depoing shoken, le compte recommence à ichi. Après une série de répétitions à droite, le pratiquant va avancer en sanchin dachi droit et va alors enchainer un nombre de répétitions égal de l'autre côté.

Il y a, malgré tout, un mouvement de transition à ce moment qui est fréquemment oublié. Ce mouvement est le retrait enroulé du shoken. Idéalement, le poing revient à hauteur de la ligne du coude comme en position préparatoire sanchin (paume vers le haut). A partir de là, la main est ouverte en sanchin nukite, la coude est conduit vers l'avant, la main est enroulée (supination) en tigre kamae, et finalement, le coude est rétracté en position sanchin. Selon certains pratiquants et professeurs, oublier ce mouvement de transition est déconseillé. Le mouvement en question apprend au débutant plusieurs principes importants:

. 1 - Il encourage une exécution correcte du blocage avec le talon de la paume de départ. Le blocage de la paume de la main devrait être délivré avec un angle de 45 degré par rapport au plan imaginaire formé par notre ligne centrale et celle de l'adversaire. De la poussée initiale, le mouvement peut être altéré par un fouetté du poignet ou des doigts pour frapper les points vulnérables le long du bras de l'adversaire. L'omission de la remise en garde du shoken se termine souvent par une exécution désordonnée du mouvement du talon de la paume le shoken tendu doit alors parcourir le chemin inverse à partir de sa position actuelle jusqu'à une position qui doit permettra au talon de la paume de revenir pour dévier une attaque potentielle entrante. Et de ce fait il se peut que la position soit telle que la déflection ne soit pas efficace ou qu'il n'y ait pas assez de force. Ou que le retour ne permette pas de rattraper l'attaque.

· 2 - le shôken remis en garde simule une saisie, une traction ou un déchirement de tout ce que pourra rencontrer le pratiquant. Le mouvement de rétractation représente aussi l'opportunité d'emprunter de la force pour la main ou le pied opposé en déclenchant une autre attaque.

· 3 - la rétractation de la frappe en shoken en position sanchin préparatoire encourage les débutants à développer une réaction instinctive de ramener les coudes en protection des côtes après une frappe, une saisie ou un blocage. Tous ces bénéfices énumérés sont perdus lorsque le débutant est encouragé à fouetter ses bras en l'air au service de la vitesse plutôt que de la précision.

Un ensemble de spéculations des plus intéressantes peuvent être appliqués à cette séquence complète de hojo undo basée sur l'inclusion de la déflection par le talon de la paume et le blocage circulaire précédant les trois techniques décrites précédemment. Un précepte basic de kung-fu chinois est que chaque mouvement est un vecteur d'énergie qui a le potentiel de se matérialiser sous forme de blocage ou déflection, de frappe, de qinna, d'immobilisation ou de projection. Ce concept connote un flux d'énergie (pangainoon - doux à l'extérieur, dur à l'intérieur), collé à l'adversaire (muchimi ou chi sao - mains collantes), et transformant le mouvement en réponse de ce qui est rencontré de l'adversaire (sensing jing). C'est une distinction très net par rapport au karate orienté sport où les mouvements sont habituellement simplifiés et identifiés pour avoir un application limitée. A l'inverse de l'entraînement des applications sportives, l'internalisation de cette séquence ne provoque absolument aucun désagrément de la part de l'adversaire une fois que le contact est établit. Comme l'explique Jim Maloney un instructeurs "Une fois que je me sépare, je n'ai pour seule option que de rentrer à nouveau. Pourquoi aurais-je envie de faire ça?" Pourquoi en fait?

Ayant fait l'effort cognitif nécessaire pour voir la séquence de "blocages" talon de la paume/en cercle comme ne dénotant pas forcément des blocages, on peut les imaginer comme des frappes. Là où la séquence comportait initialement trois frappes nous avons maintenant un ensemble de cinq mouvements d'attaque. Il faut penser à la défense comme une barrière qu'on érige entre nous et les adversaires qui ont l'intention de nous nuire. A cette révélation, chaque fois qu'on en a l'opportunité pourquoi ne pas frapper les adversaire avec une de ces barrières justement?


Conclusion

Comme tout système vivant, le style de karate Uechi Ryu est menacé de changer, d'être dénaturé ou de disparaître. L'air du temps et les changements sont périlleux ; en fait et de nombreuses traditions de combat civiles ont périt à cause de leur refus de s'adapter ou de changer. Des difficultés culturelles grandissantes avec l'aspect commercial et une société litigieuse ont contribué à la dilution de nombreux styles intéressants. Dans une époque de narcissisme et de droit individuel démesurés, de nombreux professeurs et maîtres ont "dilué" les valeurs de l'entraînement traditionnel pour retenir les élèves. Des systèmes entiers ont été modifiés pour permettre des applications sportives. Jusqu'ici le karate Uechi-ryû s'est toujours présenté comme un "vrai" karate avec des valeurs compatible avec le 20ème siècle. "Vrai" karate dans le sens ou il n'a pas subit de changement ni d'influence dans les entraînements traditionnels et les applications. Au contraire de nombreux karate qui se transformèrent au moment du passage d'Okinawa au Japon, et de ce fait ont perdu leur traditions par rapport à l'enseignement et la pratique qui se faisait sur l'archipel.

Peut-être que certaines des capacités de l'Uechi-ryû à perdurer sont simplement une question de chance ou peut-être du à l'internalisation individuelle, collective et organisationnelle du kata sanchin. La pratique de sanchin Uechi-ryû encourage la capacité à rester calme et concentré dans le brouillard d'une activité violente. Il permet au débutant d'accéder à une conscience totale de la réalité du présent -- conscience sans tâche en regard des illusions du passé et du futur.

Comme mentionné précédemment, les pratiquant d'Uechi-ryû sont sensibilisés petit à petit à l'importance d'accéder à la totalités des énergies se trouvant dans leur art -- yin et yang/ doux et dur. Il est reconnu que la viabilité de l'Uechi-Ryû est augmenté par la capacité à regarder le passé sans auto-déception ou enjolivement et redécouvrir ses racines dans le kung-fu chinois authentique.

Des vieux maîtres okinawaiens ont longtemps cherché la dimension yin de leur art. Kenko Nakaima sensei du karate Ryûei-ryû a établit "C'est la plus haute étape du développement d'un kata d'un étudiant - un kata qui semble comme s'il n'y avait aucune force du tout". Un examen plus précis des anciens films de sensei Kanei Uechi faisant les kata d'Uechi-Ryû révèle cette puissance relâchée. C'est le Pangainoon/Uechi-ryû -- doux à l'extérieur et dur à l'intérieur -- le poing de fer dans un gant de velours.

C'est le voeux et le désir sincère de l'auteur du texte original américain, David Elkins, que cette article puisse servir de tremplin pour des discussions, des débats et des recherches plus approndies dans les merveilles de ce style de karate traditionnel.

Basé sur un texte de David Elkins.

Sources:
- Mattson, George Uechi-Ryû Karate Do Peabody, Brockton. 1974
- Ibid The Way of Karate Tuttle, Boston. 1963

Bibliographie:
- Frantzis, B. K. The Power of Internal Martial Arts North Atlantic, Berkeley. 1998
- Higaonna, Morio The History of Karate p. 68. Dragon, U.K. 1995
- Higaonna, Morio Traditional Karate Do, Vol. I Fundamental Techniques Sugawara, Tokyo. 1985
- Habersetzer, Roland Karate Fur Meister Mit Korper Und Geist Verlag, Berlin. 1994
- McCarthy, Patrick The Bible of Karate: Bubishi Tuttle, Rutland. 1995
- Co, A.L. Five Ancestor Fist Kung-Fu: The Way of Ngo Cho Kun Tuttle, Rutland. 1983
- Frantzis, B. K. The Power of Internal Martial Arts North Atlantic, Berkeley. 1998
- Liu Xing-Han and Bracy, John Ba Gua North Atlantic, Berkeley. 1998
- Babin, Michael T'ai Chi Ch'uan: The Martial Side Paladin, Boulder. 1992
- Yang, Jwing-Ming The Essence of Shaolin White Crane: Martial Power and Qigong YMAA, Jamaica Plain. 1996
- Dollar, Alan Secrets of Uechi-Ryû Karate and the Mysteries of Okinawa Cherokee, Antioch. 1996
- Cartmell, Tim and Miller, Dan Xing Yi Nei Gong High View, Pacific Grove. 1994
- Liu, Chang I Feeding Crane Gung Fu Video Lecture/Demonstration Tsunami, Thousand Oaks. 1998
- Thompson, J. personal communication. Annual Philadelphia Uechi-Ryû Karate Academy Seminar. July 19 and 20, 1997.
- Mattson, George Uechi-Ryû Video Magazine # 010 Peabody, Brockton. 1995
- Pantazi, E. and Diorio, S. Inner Secrets Kyusho Video Series Volumes 2 and 3: Uechi-Ryû Kata Seisan and Sanseiryû Inner Secrets, Middleton. 1998
- Yang, Jwing-Ming The Root of Chinese Chi Kung YMAA, Jamaica Plain. 1989
- Maloney, J. "New Wave" Uechi-Ryû Uechi-Ryû Video Magazine #016. Peabody, Brockton. 1996
- Bishop, Mark Okinawan Karate: Teachers, Styles, and Secret Techniques A and C Black, London. 1989
Publié dans : Arts martiaux - Par gojira - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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